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Dédiées au service des troupes aéroportées dont elles sont en quelque sorte les « anges gardiens », les féminines militaires de Montauban se sont vues accorder, il y a quelques années ( en 1965), par le ministre des armées, une récompense pour leur travail utile mais obscur.
 
Cette récompense, c’est le « brevet militaire de parachutiste » : la « plaque à vélo » à étoile, ailes déployées et feuilles de laurier qui va de pair avec le béret rouge.
 

Ces jeunes filles, d’une conscience professionnelle hors du commun, n’ont pas manqué de mettre à profit une telle autorisation et se considèrent, aujourd’hui et à juste titre, comme des « Bérets amarante » à part entière.


Elles sont, en majorité, employées à la réparation des parachutes. Au temps de la guerre d’Indochine, elles étaient désignées sous l’appellation de « plieuses de parachutes ». Aujourd’hui, elles sont connues par les termes de « réparatrices de parachutes ».

PFAT et Parachutisme: (article paru dans le "Bellone" numéro 97 de juillet-août 1966).

 

Paris, le 22 Novembre 1965

 

J’ai l’honneur de vous faire connaître que j’ai décidé d’étendre aux personnels féminins de l’Armée de Terre, employées comme plieuses-réparatrices de parachutes à l’Etablissement de Réserve Générale du Matériel (E.R.G.M. « aéroportée ») et à la 191ème Compagnie moyenne de réparation de parachutes, l’autorisation de passer les épreuves du brevet militaire de parachutiste et d’effectuer les sauts d’entretien, dans les conditions mentionnées en annexes.
 
Il est précisé que l’attribution du brevet militaire de parachutiste et l’exécution des sauts d’entretien n’ouvrira pas droit à l’indemnité pour services aériens pour ces personnels qui bénéficieront, néanmoins, de bonifications de service pour services aériens, telles qu’elles sont définies par l’arrêté du 18 juin 1932 (B.O.E.M. vol. 327 – chapitre IV).


Qui soupçonnera sous cette laconique autorisation, ce qu’il a fallu de démarches, de demandes, pour que le ministre accepte, que celles qui vérifient et réparent les parachutes connaissent à leur tour l’émotion sportive du grand saut, et la victoire remportée sur la peur ?

Début mai, onze P.F.A.T. du Matériel de Montauban, volontaires, prenaient le chemin de Pau pour y préparer, en un stage de quinze jours, le brevet de parachutiste.

« l’entraînement a commencé dès notre arrivée, raconte Michelle. C’était dur, au début surtout, car nous étions très fatiguées. »
«  Le premier saut ne m’a pas trop effrayé, ajoute une de ses amies ; mais aux suivants, j’avais de plus en plus peur. Nous sauterons à nouveau en octobre. J’y pense déjà et j’appréhende un peu. D’autant qu’il poursuivre l’entraînement, ou tout au moins faire un peu de sport. Mais c’est bien difficile lorsqu’on a une journée de travail de neufs derrière soi. »
« Il y avait beaucoup de monde à Pau. Au début personne ne nous a prise au sérieux. On croyait que nous allions redescendre avec l’avion. Et puis, nous avons sauté… ce fut la grande surprise. « Ils » étaient écœurés… vous pensez si nous étions fières. »

 


Josette intervient : « Il y a si longtemps que nous attendions cette autorisation. Passer nos journées à réparer les parachutes, sans jamais nous en servir ! Nous avions du mal à comprendre. Maintenant, c’est formidable. »
« Quand je suis à l’Arsenal, avec en main un parachute à réparer, je repense au moment où j’allais sauter. Et je crois qu’à présent, je ferai encore plus attention, car je comprends mieux le travail délicat qui m’est confié. »

Tous les sauts se sont achevés sans mal, ou presque : une entorse bénigne et une brûlure à la main. Peu de chose en somme. C’est la benjamine du groupe qui a eu la main brûlée : « Au moment de sauter, j’ai laissé ma main à la S.O.A. ; j’avais tellement peur que je n’ai pas fait attention. Ce n’est que quelques instants après mon arrivée au sol que j’ai senti que j’avais mal. Mais cela ne m’empêche pas d’avoir très envie de recommencer. »

 


Le colonel PELOUZE, directeur de l’Etablissement, ainsi qu’un représentant de la direction centrale du Matériel, sont allés à Pau à la fin du stage, pour remettre leur insigne et leur diplôme aux nouvelles parachutistes.
Enfin, une permission exceptionnelle de six jours a été accordée à celles qui ont le droit, désormais, de porter le béret amarante.

 



Des femmes à béret rouge: (extrait d'un article du TAM n° 183 de septembre 1970)

Touristes, si vous rencontrez des jeunes filles en uniforme bleu marine et béret rouge, ne vous étonnez pas, ce sont les P.M.F.A.T. (Personnel Militaire Féminin de l’Armée de Terre) du Service du Matériel de l’Etablissement de Réserve Générale de Montauban, brevetées parachutistes au même titre que leurs homologues masculins.

 


Voilà cinq ans, partaient les premières « mordues » du saut. Depuis, trois cents sauts pour le brevet, et cinq cents sauts d’entretien ont été effectués par quarante cinq P.M.F.A.T. représentant plus de la moitié de l’effectif. Cette année, une vingtaine de « jeunes » vont venir grossir leur rang.
 


Ayant entendu parler des sensations de liberté, de calme, de domination, que ressent chaque parachutiste, elles ont voulu y goûter à leur tour, et s’assurer qu’elles étaient capables d’en faire autant. De plus, travaillant chaque jour à la réparation du matériel aéroporté, elles ont en ce dernier une confiance absolue. Leur passage à l’Ecole des troupes Aéroportées suscite une certaine curiosité de la part des hommes du rang et, de la part des moniteurs, un certain amusement très vite transformé en étonnement, puis en admiration, lors de la remise officielle des brevets, car ces filles font du parachutisme uniquement par goût du sport et du risque.
 


Tous les mois, des groupes d’une dizaine, à tour de rôle, vont effectuer des sauts d’entretien, et dès leur retour à l’atelier de réparation, relatent toutes les péripéties de leurs aventures aériennes.
 


Pour certaines d’entre elles, comme mesdemoiselles AUDUARD, 40 sauts, MULET, 32 sauts, DUPEYRON, 31 sauts, FOLCH, 30 sauts, franchir la porte n’est plus qu’une formalité. Elles s’ingénient à améliorer leur technique tout en faisant profiter leurs jeunes camarades de leur expérience.
 


Il règne, parmi ces bérets rouges, un esprit de corps et de camaraderie dû aux risques identiques encourus, sans distinction de grade, où le matériel utilisé, avion et parachute, est le même pour tous.
 


Cest un continuel recommencement, qui n’a de variantes que lorsque des nouvelles brevetées reviennent, arborant leurs brevets et bérets flambants neufs.
 

 

Promotion de brevet de juin 1969

 

 
La formation au brevet parachutiste : ( extrait d'un article du capitaine BERGER paru dans TAM magazine de Juin 1975)

 

" Lorsqu’ une promotion de jeunes engagées arrive à Montauban, il est demandé à chacune d’elle si elle volontaire pour passer les épreuves du brevet militaire de parachutiste. En règle générale, elles le sont toutes. C’ est la visite médicale qui opère la sélection, et certaines inaptitudes provoquent de petits drames.

Au début du C.M.1, les candidates volontaires et médicalement aptes suivent un entraînement physique poussé, sous la direction d’un sous-officier moniteur, en vue de passer les tests paras adaptés au personnel féminin. Lorsqu’elles ont satisfait à ceux-ci, c’est enfin le départ pour l’ E.T.A.P. (Pau).
 
L'entraînement au roulé-boulé
 
Le stage dure quinze jours. Une semaine d’ entraînement au sol, commun à tous les futurs parachutistes, et une semaine en vol où elles effectuent, avec une promotion normale de garçons, sur la zone de saut de Wright. Après le sixième saut, les sous-officiers féminins reçoivent le brevet de parachutiste et portent dès lors le béret amarante. Ils effectueront par la suite, leurs sauts d’ entretien de façon régulière."
 
La cérémonie de remise du brevet sur la place d'armes de l'ETAP
 
Les trois premières promotions de brevetées parachutistes

Comble du bonheur, le premier stage était encadré par un sous-officier moniteur parachutiste du matériel et de la spécialité !

Témoignage de l'ACH(er) MARGUINAL

« moniteur parachutiste du matériel affecté à l'ETAP en tant qu’ instructeur para, j'ai eu l'honneur d' instruire et de breveter le premier groupe de saut de PFAT. Elles ont été formidables ! Voici la photo de remise des brevets le 21 mai 1966 »
 
Premier rang de gauche à droite :
 SARDA, CARREY, BAUDIN, AUDOUARD, FARRAUD, PECHINAGRE, BRIZION, SOULET [1]
Deuxième rang de gauche à droite :
 DUPEYRON, FOLCH, MCH MARGUINAL, LEGRAIN, CESARO,

PFAT de L’ETAP

2ème Promotion du 13 novembre 1966

Les filles du 1er stage étaient venue faire un saut entretien pour la remise des brevets de leurs cadettes !!

 

Premier rang de gauche à droite :
 RESENTERA, (?), AUDOUARD, ADJ LEROY(INF), REGNAULT, MULLET, (?)
 
Deuxième rang de gauche à droite :
( ?), ( ?), DUPEYRON, LTN MARCHAL, ( ?), ( ?), PECHMAGRE, LTN DUBOIS, LE GALL, FOLCH


3ème Promotion du 17 mars 1967
 
 

De gauche à droite :

 (?), CANU, SCH NOURDIN ( 9ème RCP), WILK, BOUTET
 

Commentaires:

Thérèse, le 04/04/2013: Je garderais toujours un exellent souvenir de mon brevet para. Nous étions 13. Brevetées, le 13 septembre 1974.Nous avions un adjudant formidable du nom de BALAVOINE, pour l'encadrement.

Jacqueline, le 03/09/2011: Les filles brevetées en 1966, ont perçu la solde de l'air en 1976: pour ma part, c'était un sport. Je ne pensais pas à l'argent.

Nénette, le 03/09/2010: Jusqu'en 80 on sautait sans solde à l'air uniquement pour le plaisir, il n'y en avait pas assez alors les dernières brevetées attendaient qu'un poste se libère. Il y a eu aussi la solde à l'air tournante. Chaque fille la touchait trois mois et basculait en deuxième section, en attendant d'en 'avoir une! Les masculins n'ont pas connu ce système. Ensuite il y a eu plus de solde à l'air que de sautantes et aujourd'hui combien il y a t'il encore de filles en poste TAP?
 





 
 
 

 
 
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