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Le Brevet Parachutiste

En France comme ailleurs, chaque individu croule sous les numéros (de sécurité sociale, de mutuelle, d’assurance, de cartes de crédit, de codes plus ou  moins secrets, d’immatriculation de voiture… etc.) En général, on s’en souvient « par cœur » car on s’en sert régulièrement… Pourtant il en est un qui ne sert plus (pour nous les anciens!), mais dont on se souvient toujours, car il nous a permis, à l’aube de notre vie d’adultes, ou parfois un peu plus tard, d’entrer dans la grande famille des paras.

Il est le seul, chargé de souvenirs et d’émotions, à évoquer une formidable bouffée d’air pur à la sortie du « tapin », même si à l’embarquement on a respiré des gaz d’échappement à l’odeur de kérosène brûlé !

Ce « N° de Brevet » nous permet de nous situer chronologiquement dans la petite histoire des parachutistes français ; il nous raccroche tous à une conception momentanée des techniques aéroportées (recouvrant des principes d’instruction, des matériels d’entraînement et des matériels de saut.)

Aussi, mis à part les quelques-uns qui ne sont plus « Para » ni dans leur tête, ni dans leur cœur, on se souvient de son numéro de Brevet comme de sa date de naissance !

Un peu d'histoire

En 1934, au cours des grandes manœuvres de l’armée soviétique, deux bataillons parachutistes interviennent. L’évènement a un grand retentissement. Aussi, en 1935 une mission d’étude française se rend en Russie. Elle est composée de quatre officiers de l’armée de l’air, tous pilotes, et d’un officier de l’armée de terre de l’arme du génie. Au terme d’un stage de formation et des dix sauts réglementaires, le brevet de moniteur parachutiste russe est attribué à deux membres de la délégation française, les capitaines de l’armée de l’air Frédéric GEILLE et André DURIEU.
 

Brevet militaire de parachutiste de l'infanterie de l’air

De retour en France, le capitaine GEILLE obtient, difficilement, de l’état-major de l’armée de l’air l’autorisation de créer un centre de parachutisme militaire. En 1936, les premiers moniteurs parachutistes sont formés et en 1937 le brevet de parachutiste n° 1 est décerné au capitaine de l’infanterie de l’air Henri SAUVAGNAC. En 1938 le «brevet militaire de parachutiste de l'infanterie de l’air» est créé.



Article du Figaro du 10 septembre 1938: « Création d'un brevet militaire de parachutiste de l'infanterie de l'air » .
 
Le Président de la République décrète, à la date du 26 août : « La liste des brevets fixée par l'article 2 du décret du 27 décembre 1929, dans le personnel navigant, est complétée de la manière suivante. 

Le personnel de l'armée de l'air titulaire du brevet de parachutiste de l'infanterie de l'air aura droit, le cas échéant : 
  • Soit à la solde de l'air, 
  • Soit à l'indemnité dite « Indemnité spéciale à l'infanterie de l'air ». 
L'attribution de la solde à l'air et de l'indemnité spéciale à l'infanterie de l'air est exclusive des indemnités de fonctions n° 1 et n° 2, de l'indemnité journalière pour services aéronautiques et des primes journalières pour services aéronautiques. 

L'annexe fixant les épreuves pour l'obtention des brevets militaires de navigation aérienne, jointe au décret du 7 décembre 1929 est complétée comme suit : 

Parachutistes de l'infanterie de l'air.
 
a) Un examen théorique et pratique sur des connaissances relatives à l'entretien et à l'utilisation du parachute, 
b) Une série d'épreuves aériennes comportant cinq descentes en parachute.
 
 

Brevet parachutiste des forces françaises libres

En 1946, les divers types de brevets qui ont été décernés aux parachutistes français sont répertoriés notamment ceux obtenus au cours de la guerre 1940-1945 (formations britannique, américaine, polonaise, française) tels que le «brevet parachutiste des forces françaises libres». Les personnels brevetés sont alors inscrits sur une liste commune avec attribution d’un numéro d'ordre. C’est cette liste qui, aujourd’hui encore, est en vigueur.

Le 1er juin 1946, le «Brevet Militaire de Parachutiste», sa réglementation et son insigne sont créés. Ce brevet existe donc depuis 66 ans. En métal argenté, il reprend les symboles des insignes français précédents - parachute, ailes, étoile -  complétés par des lauriers et un rameau de chêne en métal doré.
 
Une signification est attribuée à chacun de ces symboles :
 
Les ailes nous portent

Le parachute nous déposent

L'étoile nous guide

Les feuilles de chènes sont notre force

Le laurier est notre gloire

 
Le noir entre les suspentes, la mort nous guette
 
Dès son origine, d’une façon faussement dérisoire peut-être, mais non sans humour, ils surnommèrent leur inestimable brevet  «la plaque à vélo». Ce qui fit penser aux néophytes que ces militaires à l’aspect sportif  étaient rattachés à une brigade cycliste ! L’explication ? Il existât jusqu’en 1958 un «impôt sur les vélocipèdes». Celui-ci obligeait, pour preuve de paiement, à fixer sur le cadre de sa bicyclette une plaque en laiton ou en fer blanc. Et curieusement, le concepteur du brevet de parachutiste semblait s’être inspiré de cette petite plaque à l’aspect argenté dont les pattes de fixation s’apparentaient à des ailes !

Les différents types de brevet parachutiste :
 

Le Brevet de Moniteur Parachutiste

Créé en octobre 1946, dans la logique de la création du Brevet de Parachutisme Militaire (BPM), le Brevet de Moniteur Parachutiste est obtenu par des sous-officiers au terme d’une formation de huit semaines, effectuée à l ’école des troupes aéroportées de Pau, et constituée de plusieurs qualifications :

  • responsable de l’instruction du BPM et de la confection des colis d’accompagnement,
  • largeur de parachutistes lors des sauts automatiques à partir de différents aéronefs,
  • sous-officier d’embarquement par voie aérienne,
  • aptitude à la pratique de la chute libre. 

Les candidats doivent au préalable avoir obtenu la qualification de Chef de Groupe de Saut, qui leur permet d ’inspecter les Parachutistes au sol et de faire partie du détachement chargé du marquage d’une Zone de Saut. 

L’insigne se distingue du BPM par sa couleur or et le remplacement de l’étoile par trois cercles imbriqués tricolores. Il est également porté par les officiers qui, au terme d’un stage de onze semaines, obtiennent le brevet d’Officier Spécialiste des Techniques Aéroportées. Celui-ci permet aux titulaires d’exercer les fonctions spécifique liées à la préparation et la conduite des séances de saut, en plus des qualifications détenues par les Moniteurs.

 

Le Brevet de Chuteur Opérationnel

Créé en 1965, en même temps que le brevet de parachutisme militaire, ce brevet permet au parachutiste qualifié de faire des sauts a des altitudes entre 1200 mètres et 10000 mètres. Ces saut sont dits “à ouverture commandée retardée (SOCR)”, puisque le déclenchement de l’ouverture du parachute est fait à l’initiative du parachutiste après une phase plus ou moins longue de chute. L’utilisation de l’oxygène est souvent nécessaire.
Le brevet numéro 1 fut attribué au capitaine PISSARD, premier patron du stage SOGH (saut opérationnel à grande hauteur) en 1965 à l'ETAP.

 

Le Brevet Instructeur chute

Ce Brevet, uniquement délivré par l'école des troupes aéroportées (ETAP), permet aux officiers ou sous-officiers titulaires de former les "chuteurs" militaires ainsi que les moniteurs parachutistes. Ce stage, créé en 1974 a permis de former 372 instructeurs dans toute l'armée Française.

 

Le Brevet d'Initiation au Parachutisme Militaire

Créé en 1980 et ouvert au personnel militaire, sous-officiers et officiers, des formations non - TAP, le BIPM était obtenu à l'issue de quatre sauts. Plus de 10 000 brevets ont été ainsi délivrés, jusqu'en octobre 1994, date à laquelle il a été supprimé mais toujours autorisé de port sur les tenues de cérémonie.

 

Le brevet de la préparation militaire parachutiste

A l'époque de la conscription, la préparation militaire parachutiste (PMP) permettait aux jeunes gens qui l'effectuaient de :
 
- marquer leur volonté de servir dans les troupes aéroportés au cours de leur service national,
- porter un insigne métallique particulier représentant leur qualification,
- surseoir d'une année à leur incorporation sous les drapeaux.
 
La PMP consistait en 2 semaines de formation dans un centre d'instruction pré-militaire parachutiste (CIPM) durant lesquelles l'élève effectuait 4 sauts.

Depuis la fin de la conscription, le brevet de préparation militaire est délivré aux jeunes citoyens qui ont effectués les JAPD et qui ont passé 2 à 3 semaines dans l'un des régiments parachutistes de l'armée de terre.

 

Le béret amarante

Dans la symbolique du parachutisme militaire français, le béret amarante ou béret rouge pèse au moins aussi lourd que le brevet parachutiste. Il a valeur de décoration et souligne de manière évidente l’affiliation de celui qui le porte.

Il s’orne pour les unités parachutistes métropolitains de l’insigne représentant un dextrochère emplumé serrant un glaive pointe en haut, en plus pour les troupes de marine, en arrière plan une ancre de marine encâblée en sens inverse de celle que portent les marins de la royale.

Les différents bérets portés par les parachutistes de 1948 à 1962
 
Béret de couleur bleu nuit.

Ce type de béret fut porté par tous les parachutistes de 1945 à 1948 (apparition du bleu roi), sauf pour les unités issues des SAS qui portaient déjà le béret amarante. Il était également porté par les bataillons de Choc, le 10ème BPCP, le BF ONU en Corée.

En novembre 1944, les parachutistes français du SAS portèrent à leur tour le béret amarante avec le cap-badge (insigne de béret) du SAS délaissant leur béret noir. Le 2e RCP défila à Paris, le 11 novembre, en portant cette coiffure.
En 1945, seul le 2
ème RCP avait conservé le droit au port du béret amarante, droit étendu à la Demi-brigade SAS (non Coloniale, alors) en 1946-1947.
 
Béret de couleur bleu roi.
 
Ce type de béret fut attribué à tous les parachutistes métropolitains jusqu'en septembre 57.
Pendant ce temps, les parachutistes coloniaux portaient le béret de couleur amarante

 









En 1951, le général de Lattre étendit le port du béret rouge à toutes les unités parachutistes servant en Indochine. Cette mesure fut étendue aux parachutistes métropolitains, qui portaient auparavant le béret bleu roi, en 1957.
 
Béret trois parties de couleur sable.
 
Ce type de béret est apparu en 1947 pour être utilisé comme coiffure de repos chez les parachutistes en AFN et sur les théâtres d'opérations extérieures. Il sera utilisé avec la tenue d'été dans toutes les armes en 1960 avec l'adoption du béret modèle 1959.



 

Le béret amarante est porté, depuis 1957, par toutes les unités aéroportées de l’armée de Terre, sauf le 2ème REP, qui a conservé le béret vert de la Légion étrangère.

L'insigne de béret

Cet insigne a été créé en 1946. Il présente un « dextrochère emplumé et armé », c’est-à-dire un bras droit en forme d’aile stylisée, la main serrant un glaive pointé vers le haut.

L'insigne fait référence au Saint-patron des parachutistes. En effet, il symbolise le « Bras armé de Saint-Michel », l'Archange étant pour sa part, selon la Liturgie, le « Bras armé de Dieu ». Il est le symbole du combat céleste et de la fidélité à des missions supérieures.

Il a été porté sur les bérets noirs, bleu roi, rouges et verts des parachutistes.


Depuis 1957, année où le béret rouge a remplacé le béret bleu roi chez les «paras métro», les parachutistes «coloniaux»,  puis «d’infanterie de marine», ont adjoint en fond de cet insigne une ancre de marine.

 

 
 
 

 
 
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