Chapitre 10: MATÉRIELS DE PARACHUTAGE, DE LARGAGE

ET DE VOL DE PENTE.

 
Matériels expérimentés pour l'Indochine.
 
Les scooters
  • Le scooter VALMOBILE.
Ce scooter pouvait porter un conducteur et un passager sur de petits parcours.
D'un poids de 48 kg et pouvant aller à la vitesse de 60 km/h, sa consommation était de 2 l au 100 sur route.
Il était largué par colis de deux scooters repliés. Le temps nécessaire pour le démontage ou le remontage était de 3 mn.
Un C119 permettait, en utilisant le monorail, de larguer 30 VALMOBILE et 30 conducteurs.
  • Le scooter ACMA.
D'un poids de 87 kg et pouvant aller à la vitesse de 75 km/h, sa consommation était de 3 l au 100 sur route.
Il pouvait porter un conducteur et un passager équipé.
Le conditionnement pour le parachutage se faisait sans aménagement spécial, le système d'accrochage et de protection étant à demeure.

Les largages étaient faciles à partir de JU 52 ou C47.
À du C119, le parachutage rapide par monorail et trappe permettait de mettre au sol 10 scooters et 20 passagers.

 
  • Le scooter BERNARDET.
D'un poids de 180 kg et pouvant aller à la vitesse de 70 km/h, sa consommation était de 4 l au 100 sur route.
Il pouvait porter un conducteur et un passager équipé.
Parachutage sans aménagement spécial, avec deux voilures 100 kg, à partir du JU 52 ou C47.
  • Le scooter CUSHMANN.
D'un poids de 132 kg et pouvant aller à la vitesse de 55 km/h, sa consommation était de 3 l au 100 sur route.
Parachutage sans difficulté, à partir du JU 52 ou C47 (renforcement de l’ensemble par une protection en tubes).
  • Témoignage de Claude BOISNEL (Coin's 240).
Ce fut le premier véhicule parachuté sur Dien Bien Phu, pour le général GILLES commandant des TAPI (troupes aéroportées en Indochine), le 21 novembre 1953, au début de l’opération Castor. À l’époque, j’étais sergent, chef de la section indochinoise qui assurait la garde du PC du général. La section se composait d’un sergent, de deux caporaux-chefs français et d’une vingtaine de supplétifs.
Pour cette opération, j’ai été largué la veille sur la DZ Simone avec le PC du GAP1 commandé par le LCL FOURCADE et le II/1er RCP du CDT BRÉCHIGNAC.
J’ai moi-même déconditionné le scooter. Le conditionnement était des plus rustiques : deux parachutes du type G1, un à l’avant et l’autre à l’arrière du scooter, ce dernier étant ceinturé par un « boudin » de fortune fait avec de la paille et des vieux matelas !
Nota : Claude BOISNEL a servi de 1947 à 1954 en Indochine au sein du STUP (Service Technique des Unités Parachutistes, du CITAPI (Centre d’Instruction des Troupes Aéroportées d’Indochine), du BDAP (Bataillon Divisionnaire Aéroporté) et de la BAPN (Base Aéroportée Nord).
 
Les parachutes à matériel.
À l’époque de la guerre d’Indochine, la gamme française des parachutes à matériel était la suivante :
 
  • TAP 70.
Un sac de volume variable contient 7 à 10 voilures à personnel déclasées. 3 TAP 70 et 3 TAP 36 seront expédiés en Indochine en février 1954.
Sur la photo de droite, 2 TAP 70 descendent une charge de 2T.
  • EFA 746.
L’EFA 746, d'une surface de voile de 327 m², existait en deux versions: une en soie homologuée, et une nylon, en instance d’homologation. Il permettait de mettre au sol la gaine TAP 22 et tous les colis multiples de 1000 kg, exemple : Dodge et 105 HM2.
Le poids du parachute conditionné était de 84 kg.
?4 hommes pliaient le parachute en une 1/2 heure.
  • AERAZUR 734.
L'AERAZUR 734, d'une surface de voile de 470 m², permettait de larguer un jeep du type willys.
?2 parachutes et plus étaient utilisés pour larguer le Dodge, le canon de 105 HM2 et la plateforme CT à 3T, ainsi que des charges multiples d'une masse égale à 1500 kg.
Le parachute de commande.
Le sac du parachute de commande est ouvert par une commande à main ou électrique. Le parachute est projeté hors de son sac par une tapette à ressort. Il extrait la charge car il est relié au plateau qui la supporte. Une fois la charge en l’air, un système appelé “barre de traction“ fait appliquer la traction du parachute de commande non plus sur le plateau, mais sur les parachutes de charge assurant l’extraction de ceux-ci hors de leurs enveloppes. Le parachute de commande US qui est déclenché par le crochet de remorquage de planeur, ne peut fonctionner sur le Nord 2501. Par contre le parachute de commande français fonctionne sur le C119 équipé de chemins de roulement  français.
La voile de ce parachute était en nylon à rubans et fonctionnait en suspentes d’abord.
Le parachute est fixé à la tranche arrière de la soute par un bâti ou l’on introduit la platine du parachute. Ce bâti s’adapte sur le bord du chemein de roulement français.
Dispositif libérateur de parachutes de charges lourdes.

Quatre modèles français donnaient satisfaction. 
Le modèle DL 604 était déjà construit en pré-série (60). Il était bien supérieur au modèle américain en raison de sa sûreté de fonctionnement. 
Le modèle DL B1 dont la mise au point était pratiquement terminée était aussi sur que le DL 604, et il était beaucoup plus simple (réarmement et récupération). 
Deux exemplaires du DL 604 et du DL B1 ont été expédiés en Indochine début mars 1954, pour essais.

La station mobile de séchage.

La station mobile de séchage permettait de sécher 16 parachutes à personnel trempés en 1h30. Elle comprenait:

Temps de montage: ½ heure par 6 hommes. 
Cette station avait été commandée par la Force d’Outre-Mer  en octobre 1952. Les deux exemplaires ont été réalisés par les sociétés E.T.N. et AERAZUR.

 
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"Les matériels de parachutage et de largage".



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