Chapitre 7: TÉMOIGNAGES

 

Témoignages d'Afrique du Nord.

 
  • Témoignage d'Alice GUICHARD.
J’ai été affectée à la 191ème  S.E.P. de Philippeville le 29 juin1956. en arrivant dans cette unité, un commandant m’a demandé si j’avais ma tenue. Naturellement je n’avais plus de tenue puisque, au retour d’Indochine nous devions réintégrer notre paquetage. Nous n’avions pas le statut de sous-officier, nous n’étions pas de carrière. Il m’a donc donné huit jours pour me faire faire une tenue.
Une fois que j’ai eu ma tenue, j’allais tous les samedis à Alger faire les échanges de parachutes. Je ne suis pas restée longtemps à Philippeville. J’ai été mutée à Blida, pour remplacer une fille, qui ne voulait pas renouveler son contrat. Là-bas, on faisait un peu de tout sauf du pliage. On excellait surtout dans le « raccommodage » des voiles de parachutes à matériels et dans le triage des sacs à voile pour les envoyer en réparation à Montauban.
Puis de Blida, je suis redescendu sur Alger au « Ruisseau ». C’étaient les débuts de la 191ème CMRP. En 1961, pour suivre mon mari, je n’ai pas renouvelé mon contrat avec l’armée et nous sommes retournés en Côte-d’Or. Là, j’ai travaillé en usine. Le cœur n’y était pas, je ne me plaisais pas dans ma nouvelle situation. J’ai donc fait une demande de rengagement et j’ai signé le 1er février 1963 pour l’ERGM de Montauban: j’avais 37 ans.
 
  • Témoignage de Jean LIGONNIERE (Coin's 131).
Par le train, je rejoins Philippeville où se situait la caserne Mangin du 1er bataillon du 1er RCP (Régiment de Chasseurs Parachutistes). J’y arrive le 9 novembre 1950 pour le déjeuner. L’après-midi, je suis dirigé vers le camp d’instruction (camp Mérillon) où j’y effectue la perception de mon paquetage. Mon chef de section était l’adjudant GUETTAS et mon commandant de compagnie le capitaine PHORAN.
J’ai été breveté parachutiste le 23 janvier 1951, au centre d’entraînement au saut n°1 de Philippe. J’ai reçu le brevet numéro 54 458. A l’époque, le centre était commandé par le commandant LEBOURIS. C’est pendant cette phase d’instruction que j’ai appris à plier un parachute. En effet, chaque élève parachutiste pliait son propre parachute, sous la surveillance des moniteurs et sautait avec. Les parachutes utilisés pour le brevet, étaient des parachutes américains du type « T5 » et « T6 » à voile première.
es parachutes ont été utilisés jusque dans les années 1952 – 1953. Nous sautions à partir d’avions lents comme le « junker 52 ». C’est d’ailleurs pour cette raison que les parachutes étaient pliés en voile première.
J’ai été nommé brigadier le 4 mai 1951 et j’ai rejoint la S.E.P. (Section d’Entretien des Parachutes). J’ai obtenu mon certificat de plieur de parachutes le 13 août 1951. J’ai été nommé brigadier-chef le 15 mars 1952 et détaché au centre d’instruction de Djidjelli du 3ème bataillon du 20 avril 1952 au 4 novembre 1952 pour l’instruction de base de la troupe. Le chef de section était le sergent-chef MUHLEIM.
Du 25 novembre 1952 au 17 janvier 1953, au camp PEHAN restauré, le chef de section était l’adjudant VILLANUA. J’ai été nommé maréchal des logis le 1er mars 1953.
Le 24 avril 1953, j’ai été désigné pour assurer le commandement du détachement d’El Aouina en Tunisie, en remplacement de l’adjudant DENIS.
Nous y assurions le pliage des parachutes à personnels et à matériels au profit de la 2ème CRA (Compagnie de Ravitaillement par Air) basée à Sétif. Le détachement a été dissous le 23 août 1953.
Puis ce fut l’arrivée des parachutes français le TAP 660 pour les parachutes automatiques et le 690 pour les parachutes à ouverture commandée. Les avions avaient aussi changé, on est passé à des avions plus rapides et plus modernes, comme le DC3 plus connus sous le nom de « Dakota ». Afin de limiter le choc à l’ouverture, le pliage « suspentes premières » fût adopté. La voile était pliée dans un sac, relié à la SOA (Sangle à Ouverture Automatique). Les suspentes étaient lovées dans des tuyères longitudinales situées sur le dessus de ce sac. Un long crochet métallique était nécessaire pour effectuer le lovage. Le travail était lent et pénible.
Pour les grandes manœuvres, nécessitant un grand nombre de parachutes, le personnel féminin venait nous aider, de jour comme de nuit. Le travail pouvait durer jusqu’à deux ou trois heure du matin. Et cela après leur journée de couture à l’atelier. Il y eut plusieurs manœuvres nécessitant un tel déploiement de matériels. Ce fut le cas en avril, en juillet et août 1954. A l’époque, c’étaient des appareils venant d’Allemagne qui nous larguaient : des C119 et C82.
Au cours de l’année 1954, une grande manœuvre, à l’échelon de la division, fut effectuée à la frontière marocaine, zone opératoire entre Oujda et la mer. Je fus placé sous les ordre du capitaine LAFARGUE pour le suivi des troupes sur la carte. 
Le 1er novembre 1954, étant de semaine, je fus mis en alerte pour le massacre du couple d’enseignants et de civils musulmans, dans les gorges de Palestro : c’était le début du soulèvement algérien.
De par mes différentes mutations, je me sentais plus fantassin que matériel. C’est à cette époque que le 1er RCP voit le jour sous sa forme actuelle. Les trois bataillons sont dissous. La 191ème SEP fut aussi réorganisée.
Par la suite, il y a eu d’importants mouvements de personnels, venant soit de métropole, soit d’Indochine, voire du recrutement local pour les personnels féminins couturières. A noter que les féminines étaient aussi formées au pliage des parachutes.
Voici une petite anecdote qui montre bien le climat de tension extrême dans lequel nous travaillions : « Après avoir pris mon service de semaine à 9h30, le samedi 20 août 1955, à 11h55, j’ai entendu l’explosion de grenades, des tirs de fusils. Cela venait de la ville. La section était à la plage. Il a donc fallu emmener l’armement et les munitions aux personnels de la section. Toute la semaine s’est passée en combats de rue, protection de civils et renfort de tous les sites sensibles. Le bilan de cette semaine « d’évènements » fut de 120 morts, civils et militaires confondus ».
Au retour, j’ai été affecté à la 191ème S.E.P. d’Alger, commandée alors par le lieutenant CHALARD. Elle se trouvait au Ruisseau à côté de l'usine à gaz quartier d'Azoulay. Elle regroupait des personnels de Philippeville et de la SEP D'Oujda au Maroc. Les effectifs ne cessant d’augmenter la SEP est devenue compagnie le 1er mai 1957. Ainsi naissait la 191ème CMRP. Son premier commandant d’unité fut le commandant DELOZE de PLAISANCE. Il a été remplacé par le commandant ARRAULT.
À la suite de graves évènements, impliquant la 191, cette dernière a rejoint la BAP AFN stationnée à Blida en Algérie. Pour ma part, j’ai été muté, le 1er mai 1958, à la portion centrale du C.E.S. numéro 1, comme moniteur parachutiste pour la formation des brevets parachutistes.
Le 19 février 1962 je quittais l’Algérie pour Montauban. Je me suis retrouvé à l’ERGM ALAT et Aéro au stockage, à la réception et à l’expédition des parachutes. Le rythme de vie et les conditions de travail n’étaient plus du tout les mêmes : c’était l’usine !
Par le train, je rejoins Philippeville où se situait la caserne Mangin du 1er bataillon du 1er RCP (Régiment de Chasseurs Parachutistes). J’y arrive le 9 novembre 1950 pour le déjeuner. L’après-midi, je suis dirigé vers le camp d’instruction (camp Mérillon) où j’y effectue la perception de mon paquetage. Mon chef de section était l’adjudant GUETTAS et mon commandant de compagnie le capitaine PHORAN.
J’ai été breveté parachutiste le 23 janvier 1951, au centre d’entraînement au saut n°1 de Philippe. J’ai reçu le brevet numéro 54 458. A l’époque, le centre était commandé par le commandant LEBOURIS. C’est pendant cette phase d’instruction que j’ai appris à plier un parachute. En effet, chaque élève parachutiste pliait son propre parachute, sous la surveillance des moniteurs et sautait avec. Les parachutes utilisés pour le brevet, étaient des parachutes américains du type « T5 » et « T6 » à voile première.
es parachutes ont été utilisés jusque dans les années 1952 – 1953. Nous sautions à partir d’avions lents comme le « junker 52 ». C’est d’ailleurs pour cette raison que les parachutes étaient pliés en voile première.
J’ai été nommé brigadier le 4 mai 1951 et j’ai rejoint la S.E.P. (Section d’Entretien des Parachutes). J’ai obtenu mon certificat de plieur de parachutes le 13 août 1951. J’ai été nommé brigadier-chef le 15 mars 1952 et détaché au centre d’instruction de Djidjelli du 3ème bataillon du 20 avril 1952 au 4 novembre 1952 pour l’instruction de base de la troupe. Le chef de section était le sergent-chef MUHLEIM.
Du 25 novembre 1952 au 17 janvier 1953, au camp PEHAN restauré, le chef de section était l’adjudant VILLANUA. J’ai été nommé maréchal des logis le 1er mars 1953.
Le 24 avril 1953, j’ai été désigné pour assurer le commandement du détachement d’El Aouina en Tunisie, en remplacement de l’adjudant DENIS.
Nous y assurions le pliage des parachutes à personnels et à matériels au profit de la 2ème CRA (Compagnie de Ravitaillement par Air) basée à Sétif. Le détachement a été dissous le 23 août 1953.
Puis ce fut l’arrivée des parachutes français le TAP 660 pour les parachutes automatiques et le 690 pour les parachutes à ouverture commandée. Les avions avaient aussi changé, on est passé à des avions plus rapides et plus modernes, comme le DC3 plus connus sous le nom de « Dakota ». Afin de limiter le choc à l’ouverture, le pliage « suspentes premières » fût adopté. La voile était pliée dans un sac, relié à la SOA (Sangle à Ouverture Automatique). Les suspentes étaient lovées dans des tuyères longitudinales situées sur le dessus de ce sac. Un long crochet métallique était nécessaire pour effectuer le lovage. Le travail était lent et pénible.
Pour les grandes manœuvres, nécessitant un grand nombre de parachutes, le personnel féminin venait nous aider, de jour comme de nuit. Le travail pouvait durer jusqu’à deux ou trois heure du matin. Et cela après leur journée de couture à l’atelier. Il y eut plusieurs manœuvres nécessitant un tel déploiement de matériels. Ce fut le cas en avril, en juillet et août 1954. A l’époque, c’étaient des appareils venant d’Allemagne qui nous larguaient : des C119 et C82.
Au cours de l’année 1954, une grande manœuvre, à l’échelon de la division, fut effectuée à la frontière marocaine, zone opératoire entre Oujda et la mer. Je fus placé sous les ordre du capitaine LAFARGUE pour le suivi des troupes sur la carte. 
Le 1er novembre 1954, étant de semaine, je fus mis en alerte pour le massacre du couple d’enseignants et de civils musulmans, dans les gorges de Palestro : c’était le début du soulèvement algérien.
De par mes différentes mutations, je me sentais plus fantassin que matériel. C’est à cette époque que le 1er RCP voit le jour sous sa forme actuelle. Les trois bataillons sont dissous. La 191ème SEP fut aussi réorganisée.
Par la suite, il y a eu d’importants mouvements de personnels, venant soit de métropole, soit d’Indochine, voire du recrutement local pour les personnels féminins couturières. A noter que les féminines étaient aussi formées au pliage des parachutes.
Voici une petite anecdote qui montre bien le climat de tension extrême dans lequel nous travaillions : « Après avoir pris mon service de semaine à 9h30, le samedi 20 août 1955, à 11h55, j’ai entendu l’explosion de grenades, des tirs de fusils. Cela venait de la ville. La section était à la plage. Il a donc fallu emmener l’armement et les munitions aux personnels de la section. Toute la semaine s’est passée en combats de rue, protection de civils et renfort de tous les sites sensibles. Le bilan de cette semaine « d’évènements » fut de 120 morts, civils et militaires confondus ».
Au retour, j’ai été affecté à la 191ème S.E.P. d’Alger, commandée alors par le lieutenant CHALARD. Elle se trouvait au Ruisseau à côté de l'usine à gaz quartier d'Azoulay. Elle regroupait des personnels de Philippeville et de la SEP D'Oujda au Maroc. Les effectifs ne cessant d’augmenter la SEP est devenue compagnie le 1er mai 1957. Ainsi naissait la 191ème CMRP. Son premier commandant d’unité fut le commandant DELOZE de PLAISANCE. Il a été remplacé par le commandant ARRAULT.
À la suite de graves évènements, impliquant la 191, cette dernière a rejoint la BAP AFN stationnée à Blida en Algérie. Pour ma part, j’ai été muté, le 1er mai 1958, à la portion centrale du C.E.S. numéro 1, comme moniteur parachutiste pour la formation des brevets parachutistes.
Le 19 février 1962 je quittais l’Algérie pour Montauban. Je me suis retrouvé à l’ERGM ALAT et Aéro au stockage, à la réception et à l’expédition des parachutes. Le rythme de vie et les conditions de travail n’étaient plus du tout les mêmes : c’était l’usine !
 
  • Témoignage de Claude BOISNEL (Coin's 240).
À la 191ème CMRP, j’étais adjudant de compagnie et en même temps je m’occupais de la section de récupération. J’ai occupé ces deux fonctions pendant toute la durée de vie de la compagnie.
Pendant que « Jo » était à Sétif, j’étais en permission. J’ai été rappelé à la BETAP de Pau et de là je suis parti en Mauritanie, dans le cadre d’une intervention. Mais ce n’était pas en tant que MATPARA, mais en simple « biffin ». Nous n’y sommes pas restés longtemps. Plutôt que de nous rapatrier sur la métropole nous sommes partis à Marrakech au Maroc. Sur place il y avait deux régiments de parachutistes français (le 2ème R.P.C. et le 10ème B.C.C.P.) et un régiment de parachutistes sénégalais en cours de formation.
Ce n’était vraiment pas la joie avec eux. En effet, au cours des séances de saut, dans le « Junker », ça sentait la pisse, les excréments. De plus quand ils embarquaient dans l’avion, ils emmenaient toujours des sacs dans lesquels se trouvaient, les trois quart du temps, des affaires volées la veille en ville. Ce n’était donc pas la peine de mélanger africains et français. L’expérience a vite cessé et je me suis retrouvé muté à l’ERM de Marrakech, à la maintenance des véhicules ! Et oui, je n’étais pas encore breveté de la spécialité.
Le capitaine THARY, qui était l’adjoint du lieutenant-colonel de ROUFFIGNAC directeur de l’ERM, avait créé une section d’entretien des parachutes. Et là j’ai retrouvé le SCH ARBRE, de la spécialité, que j’avais connu en Indochine à Bach Maï. Il a fallu que je fasse intervenir des autorités bien placées, que j’avais aussi connu en Indochine, pour être muté à la section d’entretien des parachutes.
Puis à l’indépendance du Maroc, j’ai été muté à la 191ème CMRP à Alger. J’occupais les fonctions de chef de la section de récupération et à ce titre, je disposais de petits détachements éparpillés sur le territoire algérien. J’avais un détachement à Telerma (CCH MOLINA), un à Arzew (SGT SPITERY) et un à Ouargla (c’était un caporal dont  je ne me rappelle plus le nom). Leurs missions étaient de récupérer tout ce qui était largué dans leur zone. Lorsque les opérations aéroportées étaient importantes, je leur envoyais des renforts, ou je faisais appel à une CLA. Il y en avait une à côté de chaque détachement, sauf pour celui de Ouargla. Là, je partais avec ma section faire la récupération.
Je faisais le tri des parachutes, directement sur place, selon la méthode que m’avait enseigné le capitaine TARRIDE en Indochine. Les parachutes « bon état »  repartaient dans un avion et ceux qui étaient hors d’usage, je les réformais sur place. La méthode était simple, pas de formalités administratives. Je découpais les suspentes, la voile, le harnais et je faisais des tas distincts. Ces morceaux de parachutes servaient de pièces détachées pour les réparations.
En 1961, je suis parti à Philippeville, avec ma section. Nous devions sauter en France. C’était l’époque où il y avait des grèves en métropole. Quasiment toutes les unités aéroportées d’Algérie avaient été regroupées à Philippeville. Nous avons attendu deux jours sur le tarmac de l’aérodrome. Et puis les événements se sont calmés et nous sommes rentrés dans nos cantonnements respectifs. 
Suite aux événements d’Alger, la 191ème CMRP a été rapatriée sur Blida au camp LEGRAND. Il y avait deux GLA. J’y ai retrouvé ESPOSTI, qui était le patron de la SEP du Centre de Saut. Les SEP des deux GLA conditionnaient surtout pour le largage des matériels.
En 1962, la compagnie a été rapatriée en métropole. Responsable de la liquidation des lieux, je ne suis rentré qu’en 1963. L’armée algérienne a repris l’ensemble du camp LEGRAND.
Le capitaine THARY est parti à Metz. C’est le capitaine PEYRONNEL, qui venait de la 60ème CRD (Compagnie de Réparation Divisionnaire basée à Sidi Ferruch), qui a pris le commandement de la 191ème CMRP à Montauban. Là, j’y ai occupé les fonctions d’adjudant de compagnie et de responsable de l’ordinaire.Le 31 janvier 1967, la compagnie est dissoute et devient détachement technique numéro 44 de la 4ème CMRM (Compagnie Mixte Régionale du Matériel) de Bordeaux. C’est le lieutenant BIGOT qui en prendra le commandement.
  • Photos transmises par Claude BOISNEL.
  CNE THARY décoré de la LH par le Général MOLINIER.
DZ de Sidi Yacoub Avec le LTN CLOAREC
En attendant le largage L'heure du repas
  • Témoignage de Georgette VUITTENEY (Coin's 612).
À la fin du troisième séjour en Indochine, je suis revenue à Montauban pour une petite année. En effet, en 1955, j’ai été mutée en Algérie, à Philippeville, à la B.A.P. A.F.N. (Base Aéroportée d’Afrique du Nord). Plus exactement, je me suis retrouvée à Sétif, car à Philippeville il n’y avait que des plieurs. On y faisait surtout de la bourrellerie.
Il faut avouer que la couture ne me plaisait pas beaucoup. J’ai fait jouer mes relations de la 1ère Armée, pour me faire muter avec Claude BOISNEL à Marrakech. Nous étions une dizaine de réparatrices et il y avait aussi des plieurs.
Du fait des conditions aérologiques locales, tout ce faisait en extérieur. Ainsi, par exemple, l’aération des parachutes comme le montre la photo ci-dessous.
Le Groupement Aéroporté, commandé par le capitaine 
THARY, se trouvait au sein de l’ERM de Marrakech.
Puis nous avons dû quitter la Maroc, pour nous retrouver à Alger, dans le quartier du « Ruisseau », dans une ancienne usine de tabac : l’usine Azoulay. En même que nous, sont arrivés les personnels de Philippeville et de Sétif. Ainsi la 191ème SEP a formé l’ossature de la future compagnie de réparation et d’entretien des parachutes, la 191ème C.R.E.P. qui a changé d’appellation quelques temps plus tard, pour de venir la 191ème C.M.R.P. (Compagnie moyenne de réparation des parachutes).
C’était le capitaine THARY qui commandait cette compagnie, qui avait la particularité de former « corps ». Tout comme dans un régiment, nous avions un chancelier, un corse du nom de CERLIOLI. Il connaissait tout le personnel sur le bout des doigts.
Pour ma part, je me suis retrouvée affecter au stockage avec le MCH Pierre LAQUÊCHE. Petite anecdote : lorsque madame LAQUÊCHE a accouché de triplés, le capitaine lui avait détaché des réparatrices pour l’aider !
Nous assurions à la fois les approvisionnements en consommables et la gestion du parc des matériels TAP. A Maison Carré, de l’autre côté d’Alger, il y avait un dépôt du Matériel, avec une partie MAT PARA tenue par le lieutenant GAUDRON avec pour adjoint l’adjudant BONNOT. Cet atelier nous servait de « tampon » vis-à-vis de Montauban. On y effectuait les échanges nombre pour nombre des parachutes. Tous les matériels TAP qui faisaient l’objet d’une réparation à l’échelon supérieur (NTI3), transitaient par ce dépôt avant d’être expédiés sur Montauban.
En 1961, la compagnie a été transférée à Blida, dans l’enceinte du camp LEGRAND, à côté de la BAP/AFN, mais séparée par de hauts grillages.
Les ateliers étaient fonctionnels, ils étaient vraiment faits pour la couture. Le bâtiment disposait de séchoirs avec une importante chaufferie.
Blida commençait à devenir un petit Montauban : casernements séparés pour les filles et pour les garçons, atelier de réparation, magasins de stockage. Ils avaient prévu qu’on reste au moins une cinquantaine d’années ! La Zone de saut faisait face à l’atelier. On voyait les paras sauter. Tous les jours le Génie venait herser la zone ! Elle était très souple.

En 1962, se fut le retour sur la métropole. Toute la compagnie a été rapatriée sur Montauban, à l’exception d’un détachement post-curseur, chargé de la passation d’infrastructure à l’armée algérienne. Claude faisait parti de ce détachement, il n’est rentré qu’en 1963. Nous avons débarqué à Port Vendre et de là, nous avons embarqué dans le train direction Montauban. La traversée a été très dure. Je me suis occupée des malades pendant tout le trajet, lequel était rythmé par les appels à l’aide des « agonisants » qui me réclamaient des cachets.
Nous avons été très mal accueillis à Montauban. En guise de pot d’accueil, nous avons eu droit à un viandox ! il faut dire qu’il y avait beaucoup de jalousie, de la part du personnel en place à l’Arsenal. Ils se disaient entre eux : « Tiens ! voilà les pieds-noirs qui viennent nous emmerder et nous piquer notre travail ! » Certaines filles ont été mutées à Metz, les autres nous sommes restées à Montauban.
Personnellement, j’ai pris ma retraite en 1967, avec le grade d’adjudant.
  • Photos transmises par Georgette VUITTENEY.
  Place d'armes de la 191ème CMRP à Blida
L'atelier de réparation à Marrakech Un séminariste au pliage
   
Photo prise devant le stockage Pot à l'usine Azoulay
Entrée principale de la 191 à Blida. Allée Principale avec les différents cantonnements.
L'atelier de Réparation La tour de séchage

 
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