Chapitre 7: TÉMOIGNAGES

 

Témoignage post Indochine.

 

À travers son récit, c’est toute la genèse d'une spécialité d’élite qui se dessine : des sauts d’entraînement depuis les antiques Junkers 52 aux soutes de l'Algérie, du Maroc et de l'Allemagne occupée. Un parcours de pionnier qui met en lumière la camaraderie indéfectible et l’exigence absolue de ces hommes de l’ombre et du ciel, bâtisseurs de la tradition parachutiste.

" Mon parcours militaire trouve ses racines au sein du 1er Groupe de Commandos d'Afrique, une unité constituée le 26 juillet 1943 à Zéralda, en Algérie, à partir d'un noyau issu du Corps Franc d'Afrique sous le commandement du commandant Bouvet. Notre recrutement reposait entièrement sur le volontariat, rassemblant des hommes de tous âges, d'horizons nationaux et de confessions diverses.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, nous formions les troupes d'occupation en Allemagne. Le 1er octobre 1946, notre unité a été rattachée au 1er Régiment d'infanterie de choc aéroporté (RICAP), lequel fut dissous le 1er février 1947 pour devenir le Régiment Parachutiste de Choc, avant un départ pour l'Algérie le 22 avril 1946 en direction de Maison-Carrée.

J'intéressais alors le 1er stick, une équipe de quatorze hommes, et notre entraînement s'est déroulé à Fort-de-l'Eau, à une quinzaine de kilomètres d'Alger, avant d'embarquer pour Boufarik. Nous étions encadrés par le lieutenant Ronin et l'adjudant Dassé, tout juste sortis de leur stage de moniteur parachutiste où ils avaient sauté en commandé.

L'adjudant Victoriano, ayant suivi la même formation, reçut quant à lui la mission de créer une section de pliage. Trois sergents volontaires, dont je faisais partie, furent désignés pour l'assister, et c'est sous sa direction que nous avons acquis l'art du pliage des parachutes. C'est à cette époque que j'ai obtenu mon brevet de parachutiste, portant le numéro 11221, après des sauts réalisés depuis le mythique Junkers Ju 52.

Le 24 octobre 1948, le régiment fut transféré au Maroc. Affecté au 2e bataillon de choc à Agadir, j'ai participé à la création d'une école de saut aux côtés des moniteurs et de la section de pliage, qui comptait alors une quarantaine d'hommes — les femmes n'y figurant pas encore.

Après la dissolution du régiment le 6 novembre 1948, nous avons été mutés au 10e RCP, puis au 1er RCP à Philippeville. Tandis que l'adjudant Victoriano choisissait de se porter volontaire pour encadrer les Bataillons Étrangers de Parachutistes (BEP) en Indochine, j'ai pour ma part été détaché du régiment pour rejoindre la 191e Section d'Entretien des Parachutes (SEP), sous les ordres du capitaine Die, un ancien moniteur parachutiste du 1er RCP. "




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